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La culture intensive de la banane a un coût social et environnemental élevé en
Amérique latine où des avions déversent plusieurs dizaines de fois par an des
pesticides sur des bananeraies où travaillent des ouvriers
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Nous sommes tous plus ou moins conscients d’être gouvernés par le monde de l’argent.
Nous remarquons que le pouvoir économique de nos pays du Nord influence nos responsables
politiques et qu’à leur tour nos pays imposent leurs lois aux pays du Sud mais nous
ne savons pas précisément de quelle façon.
Aussi l’appellation d’obstacle apparent est assez simplificatrice. La perception
du fonctionnent des institutions internationales, des multinationales, de la
fiscalité…au niveau mondial n’est pas simple pour le citoyen lambda, voire pour
le militant associatif ou syndical.
Le fonctionnement des institutions internationales, des multinationales ou encore
les politiques fiscales permet de mieux comprendre les relations entre pays du Nord
et pays du Sud et aussi les injustices sociales au niveau local.
Les institutions financières internationales dirigées par les pays du Nord,
imposent des réformes au Sud et ainsi, entretiennent le déséquilibre Nord-Sud.
Pour accorder des aides aux gouvernements des pays du Sud, la Banque mondiale et
le Fonds Monétaire International, leur imposent des mesures libérales pour
redresser leur situation financière. Cela se fait donc par une sévère amputation
notamment des budgets de l’éducation et de la santé et ce sont les populations
concernées qui en souffrent.
Depuis 20 ans plusieurs pays du Sud se sont appauvris en étant contraints de
surexploiter leurs ressources naturelles et de les exporter vers les pays du Nord
pour payer leurs dettes.
Les gouvernements de ces pays ont entrepris ou laissé faire de grands travaux
( barrages, grandes usines inadaptées aux besoins du pays, ...).
Des milliers de paysans ont ainsi été expulsés sans consultation de la population
et sans indemnisation juste des propriétaires.
L’Organisation Mondiale du Commerce, OMC, dominée par les pays du Nord,
fixe les règles du commerce international qui leurs sont favorables au détriment
des pays du Sud. Ainsi :
- Alors que notamment Etats Unis et Europe doivent leur niveau de développement
à la protection de leurs frontières, ils empêchent les pays pauvres d’utiliser
cette même protection douanière au moment où ils en auraient le plus besoin.
- Ces mêmes pays du Nord subventionnent encore leur agriculture, alors qu’ils
l’interdisent aux pays du Sud où prédomine une agriculture traditionnelle.
Et l’OMC tolère cette pratique.
Si nous devons avoir des institutions internationales, celles-ci doivent être réformées
Les Multinationales
Certains syndicats et associations revendiquent un commerce éthique. De plus en
plus de consommateurs veulent également acheter des produits fabriqués dans le
respect des droits des travailleurs. En adoptant des « codes de bonne conduite »
les multinationales veulent-elles répondre à ces demandes ?
En fait les dirigeants des grands groupes établissent ces règles sans prendre
l’avis de leurs employés.
Ils passent alors sous silence la liberté syndicale et le droit de négociation
collective. De plus, la mise en œuvre de ces codes sur le terrain n’est pas
vérifiée par des organismes indépendants de l’entreprise.
Sans syndicat indépendant en lien avec d’autres acteurs de la société civile,
comment contrôler sérieusement les mesures prises en matière de respect du
droit des salariés et de l’environnement ?
En adoptant leurs propres codes de conduite , les multinationales ont l’ambition
de privatiser le droit du travail.
D’après elles l’Etat et les organisations internationales n’ont pas à intervenir
dans ce domaine.
Les entreprises veulent choisir les règles qui leur conviennent et confier à des
cabinets privés le contrôle de leurs pratiques sociales et environnementales.
Elles pensent ainsi se soustraire aux organismes nationaux et internationaux
chargés de ce contrôle.
Adoptés sans concertation ces « codes de bonne conduite », sont simplement
une publicité commerciale pour les multinationales.
Ils doivent donc être négociés avec les syndicats et
leurs applications doivent être contrôlées par les administrations des Etats.
Pour cela, il est indispensable de :
- renforcer les organisations syndicales au Sud mais aussi au Nord,
- renforcer les contrôles des administrations d’Etat en matière de droit du travail
et accroître le rôle de l’Organisation Internationale du travail ( OIT )
Les politiques fiscales et les paradis fiscaux
L’impôt permet de redistribuer une partie des richesses privées à l’ensemble des
populations. Une redistribution qui sert à tout le monde puisqu’elle permet la
construction et à l’utilisation d’infrastructures comme des routes, des écoles,
des hôpitaux…Actuellement les contribuables les plus fortunés peuvent profiter
de l’ensemble de ces services de l’Etat en payant le minimum d’impôts.
- En matière de fiscalité directe diverses mesures sont venues protéger les
contribuables des niveaux de revenus les plus élevés des ponctions légitimes sur
leurs gains financiers. Le terme de bouclier fiscal illustre bien ces dernières
mesures qui s’ajoutent à bien d’autres qui favorisent les personnes qui peuvent
capitaliser (achats de logements pour location, multiples assurances retraite ou
assurances vie accompagnées d’exonérations fiscales…)
- Dans les pays du Sud il existe des zones franches où les entreprises peuvent
s’installer et bénéficier de toutes les infrastructures (routes, équipements
téléphoniques, téléphone, eau…) sans payer d’impôts. Ces entreprises qui
s’installent en zone franche n’ont aucune obligation de respecter le droit du travail.
- Par ailleurs bien des sociétés américaines ou européennes ont ouvert des
succursales dans des pays disposant d’un système fiscal très réduit et d’un
secret bancaire important. Ce sont les paradis fiscaux bien connus de la plupart
de nos banques (BNP, Crédit Agricole, Société Générale…) ou de nos grandes
sociétés (Air France, Renault, Thomson…)
Ces paradis fiscaux reflètent jusqu’où il est possible d’aller pour échapper à
l’impôt. Mais ces attitudes de nos milliardaires et de nos grandes sociétés ne
reflètent-elles pas quelque part une approche courante dans nos sociétés ?
Beaucoup de mesures fiscales vont dans le même sens actuellement. Elles ne
suscitent pas énormément d’indignation dans nos populations.
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